Un des jeunes redwoods étiquettés

Le plus grand redwood de Tervuren, et de Belgique! Vue depuis la drève des Capucins (groupe 6a).

Le feuillage "toujours vert"du redwood.

Sequoia sempervirens (Gr. 6a).

On remarque l'écorce plus rouge du redwood au milieu d'autres espèces.

Le groupe 6a où se cachent nos redwoods.

Brouillard et redwoods sont indissociables.  Photo fournie par le parc national de Redwood (Courtesy of National Park Services).

Brouillard sur la "forêt cathédrale". Photo fournie par le parc national de Redwood (Courtersy of National Park Services).

Les contreforts de la chaîne côtière sont les derniers refuges des séquoias sempervirens.  Photo du parc national de Redwood (Courtesy of National Park Services).

Star Wars: "Le retour du Jedi". Un bon aperçu des forêts de redwoods!

Un ewok en compagnie de R2-D2. Ces créatures habitent les forêts de séquoias!  Je n'en ai pas encore rencontré à Tervuren...

Vers la visite interactive.
Retour à la visite interactive




 Le Séquoia Sempervirens ou "Redwood"



Cet arbre est aussi appelé séquoia de Californie ou séquoia toujours vert. Ces deux appellations ont le défaut d'entretenir une certaine confusion entre les deux types de séquoias, à savoir celui-ci et le séquoia géant. En effet, tous deux nous viennent de Californie, et tous deux sont "toujours verts". Le nom de séquoia à feuilles d'if semble une bonne alternative mais son usage est encore peu répandu. Les américains nomment cette espèce "Coast redwood", par opposition au "Sierra big tree". Pour éviter tout malentendu j'utiliserai donc ce terme de "redwood". Ces arbres sont parfois aussi appelés "pins rouges", mais ce ne sont pas des pins.

Les redwoods vivent le long du Pacifique, cantonnés aujourd'hui dans les premières vallées de la chaîne côtière, en Californie du Nord et en Oregon. On a pu estimer la surface des forêts de redwoods à plus de 800.000 hectares, avant que ne commence la surexploitation et l'abattage massif de l'espèce, qui faillirent lui être fatals.

L'arbre a été répertorié sous le nom de séquoia sempervirens par S. Endlicher en 1847, en mémoire de Sequoyah, un indien Cherokee inventeur de l’alphabet Cherokee dans les années 1820, et disparu au Mexique en 1843. L'alphabet cherokee permit à cette nation indienne de disposer d'un moyen de résistance culturelle et juridique face à la pression des blancs.

Les premiers Européens qui rencontrèrent des séquoias furent, peut-être le corsaire Francis Drake et son équipage qui séjournèrent au nord de San Francisco vers 1579, et plus sûrement les expéditions espagnoles qui explorèrent les côtes californiennes aux XVIIème et XVIIIème siècles, et ce dès 1602.

La première observation scientifique de l'arbre nous a été fournie par le botaniste tchèque Tadeas Haenke qui faisait partie de l'expédition Malespina de 1791. Haenke le baptisa cyprès rouge. Haenke et ses collègues collectèrent de nombreuses graines et autres traces de leurs trouvailles botaniques. Une partie de ces collections fût ramenée en Espagne à partir de 1795. Ces graines pourraient être à l'origine des plus vieux séquoias semperivens européens. Je poursuis actuellement des recherches qui permettrait de confimer ou d'infirmer cette hypothèse.
A ce jour, je n'ai jamais pu trouver de preuves, mais il n'est pas exclus de penser que des redwoods aient pu être plantés en Espagne dès les années 1820... Une énigme à résoudre, car certains textes permettent le doute.

Bien que partiellement protégé aujourd'hui, le redwood est toujours une espèce en danger. Il est pourtant unique au monde (c'est l'arbre le plus grand du monde en hauteur). C'est pourquoi je lui dédie une page entière, malgré le fait qu'à Tervuren l'implantation de ces séquoias sempervirens ne soit pas vraiment une réussite. Voir des redwoods en Belgique est plutôt rare et l'Arboretum nous permet de saisir cette chance. Mieux encore, il abrite le "champion de Belgique" avec ses 3m66 de circonférence!

Les ancêtres des séquoias poussaient déjà au temps des dinosaures. Isolées des autres populations par les glaciations, quelques forêts de redwoods survécurent en Californie dans des conditions climatiques très particulières.

Cette région au coeur du "fog belt" (la ceinture de brouillard), a reçu le surnom évocateur de "Lost and Found" Coast. Ici le brouillard est tenace et quasi quotidien. L'humidité est permanente, les températures y sont très douces et les précipitations abondantes.

Le redwood s'accommode à merveille de ce climat. Ses racines sont superficielles et ne peuvent aller chercher l'eau profondément. Elles recueillent au contraire l'humidité du sol en surface sur des dizaines de mètres carrés. De même, ses aiguilles captent les gouttelettes du brouillard ambiant, et l'eau récoltée ruisselle le long du tronc jusqu'aux racines.

Cette disposition est à l'origine des points faibles du redwood. Tout d'abord les racines peu profondes, conjuguées à la hauteur extraordinaire de l'arbre, le rendent sensible aux coups de vent (et à l'érosion des sols). L'arbre est aussi très fragile face au gel. C'est la cause principale de son succès mitigé dans l'Arboretum de Tervuren, et en Belgique en général.


A Tervuren

Les redwoods de Tervuren sont tout logiquement visibles dans les groupes 6a (Californie du Nord) et 5 (Oregon), ses terres d'origine. Il ne persiste qu'un exemplaire de la première plantation. Le champion de Belgique déjà cité, dont vous voyez quelques photos ci-joint, pousse au coeur du groupe 6a. On peut l'apercevoir depuis la Kapucijnendreef. Son écorce plus rouge permet de le distinguer des Douglas et Tsugas environnants. Le groupe 6a rassemble par ailleurs quelques-uns des plus hauts arbres de l'arboretum. Un second spécimen, un peu mal en point mais plus facile à observer, se trouve à l'extérieur d'un virage de la Promenade Royale, au pied du groupe 5 (dominé par de vigoureux sapins et Douglas).

De jeunes exemplaires ont été plantés en 1974 et 75 dans le groupe 6a, de même que de l'autre côté de la Promenade Royale, tout près du carrefour avec la "Kapucijnendreef". Vous remarquerez le contraste entre le vert vif du feuillage et la teinte orangée de l'écorce fibreuse. Plusieurs de ces arbres sont tombés lors des tempêtes de 2007 et 2008. Les cônes du séquoia sempervirens sont petits (1,5 à 2,5cm).


L'arbre le plus grand du monde

L'arbre le plus grand du monde, ou le plus élevé en taille pour être plus précis, est bien un redwood. Curieusement, ce n'est plus le même qu'il y a trente, quinze, ou cinq ans! Découvert en 1964, le "tall tree" (grand arbre) situé au sein du Redwood National Park, mesurait 112m de haut. Cet arbre a perdu un bout de sa cime lors d'une tempête en 1991, et depuis ne mesure plus que 109m. Entre temps, un nouveau détenteur du record avait été identifié: le "Mendocino tree" culmine lui aussi à plus de 112 mètres. Il fût lui-même détroné en 2004 par le "Stratosphere Giant", déniché par les "tree hunters" Chris Atkins et Michael Taylor. Entretemps les techniques de mesure se font de plus en plus précises.

C'est au cours de l'été 2006, que la même équipe qui avait découvert le "Stratosphere Giant" identifia trois nouveaux géants, dépassant tous trois le record précédent! Les arbres furent baptisés Hyperion (115,55 m), Hélios (114,34 m) et Icarus (113,11 m). Il s'agit d'une découverte scientifique inespérée. La zone où les séquoias furent découverts avait échappé de peu à l'abbatage massif. Son annexion au parc national de "Redwood" eut lieu sous l'administration Carter, il y a trentaine d'années seulement. Jusqu'à présent, les arbres les plus hauts poussaient tous dans des vallons encaissés de la chaîne côtière. Nos trois compères, eux, poussent sur une pente nettement plus élevée. Une crête rocheuse proche les protège du vent, tandis que les torrents de montagne leur fournissent l'eau nécessaire à leur croissance. Le lieu de la découverte est maintenu secret afin d'éviter l'afflux touristique. L'équipe de Chris Atkins envisage à présent l'ascension d'Hyperion et sa mesure au cordage...

Un autre séquoia nommé "Dyerville Giant" mesurait environ la même taille, ou même un peu plus semble-t-il, avant de tomber en 1991. Il est toujours bien visible dans toute sa longueur... au sol. Plusieurs sites lui ont été consacrés mais celui-ci offre un panorama virtuel saisissant! Pour les fanas de chiffres, voici un tableau récapitulatif des plus grands redwoods:

Hyperion * 115.55m
Helios * 114.34m
Icarus * 113.11m
Stratosphere Giant 112.83m
National Geografic Society Tree 112.63m
Federation Tree 112.45m
Paradox Tree 112.31m
Mendocino Tree 112.01m

*Mesures laser homologuées en octobre 2006

Ce dessin vous permet de comparer la taille d'un séquoia sempervirens de 110m à celle d'un être humain (dans le cercle en bas à gauche!).

Ces chiffres datent de septembre 2006, et peuvent bien sûr encore évoluer! Question volume et masse, le plus grand redwood est le "Del Norte Titan" découvert en 1998: il totaliserait 1044 m3...

N'oublions pas pas que le titre d'arbre le plus grand du monde, mais en terme de volume cette fois, revient au séquoia géant (sequoiadendron giganteum) décrit sur une autre page de ce site. Si vous êtes à la recherche de données concernant les arbres les plus grands du monde, je vous invite à consulter cette page de mon autre site Internet consacré aux séquoias.

Le redwood aujourd'hui

Comme nous l'avons vu plus haut, le sauvetage des redwoods reste un sujet d'actualité. L'arbre est encore toujours une cible privilégiée de l'industrie forestière. Il faut dire que son bois est très apprécié tant en construction qu'en ébénisterie. Des 800.000 hectares de départ, il ne reste aujourd'hui que 34400 hectares de forêt, dont 15800 seulement sont officiellement protégés (parc national, "state parks", etc...).

Grâce à son image emblématique entre autres, le redwood compte heureusement de nombreux défenseurs. Une course contre la montre s'est engagée entre l'industrie du bois et ces derniers, regroupés en diverses associations parfois très anciennes, et aux méthodes... très variées!

Une de ces méthodes qui a souvent porté ses fruits, consiste dans le rachat de lopins de forêts contigus permettant au final le sauvetage de parcelles plus importantes. L'association négocie ensuite la revente de ces ensembles aux autorités, en vue de leur intégration au sein d'un espace public protégé (du type "state park" par exemple).

Le "Sempervirens Fund" et la "Save-the-redwoods League" pratiquent cette politique depuis des années. D'autres organismes développent des actions parfois plus "musclées" dont vous trouverez sans peine écho sur internet. Si les enjeux de la protection de la nature aux Etats-Unis vous intéressent, visitez le site du "Sierra club", l'une des organisations environnementales américaines les plus importantes, créée en... 1892!

Les incendies de forêt de ces dernières années, l'urbanisation galopante, la politique du gouvernement fédéral, ou l'apparition de parasites du type "sudden oak death", sont autant d'aléas qui pèsent sur notre arbre géant, décidément au coeur de bien des débats.

Le séquoia sempervirens possède aussi un atout naturel non négligeable "en rejetant de souche". Cela signifie que de jeunes redwoods repoussent à partir de souches, de racines, ou de troncs d'arbres abattus. Un phénomène rare chez les conifères, et rassurant pour son avenir.

Terminons sur une touche plus légère. Si vous voulez imaginer ce que peut-être une promenade au sein d'une forêt cathédrale de redwoods, le troisième volet de la trilogie "Star Wars": "Le retour du Jedi" devrait faire votre bonheur! En effet, de nombreuses scènes du film ont été tournées dans le parc national de Redwood. Par la suite il vous suffira d'aller visiter l'Arboretum de Tervuren, et qui sait, peut-être croiserez vous un Ewok au milieu des fougères!

Retour à la visite guidée